"Quand il m'arrive aujourd'hui de me retrouver dans le grand salon du bas, je sens presque sa présence. (La Maison vide - Laurent Mauvignier)"
Ce travail de recherche et de création, déployé en trois pièces et sur trois saisons, explore nos lieux de vie intimes et la manière dont chacun.e s’y réfugie et s’y exprime. Nos espaces « intérieurs » révèlent la façon dont les réalités sociales, culturelles et humaines agissent en nous et dessinent, parfois en creux, des parcours de vie, des généalogies, des héritages et des bifurcations. C’est entre les quatre murs de nos « maisons », au sens littéral comme au figuré, que se construit et se sédimente notre être-au-monde. Le théâtre devient alors l’espace symbolique où les récits de vie peuvent s’écouter et s’interpréter, avec nuance et singularité, pour résister à toute assignation réductrice et faire rempart aux fractures idéologiques.
Printemps 2027 : Récit de l’intérieur
Prévu pour la scène comme pour les lieux non dédiés, ce seul en scène de Carole Thibaut a pour spécificité d’évoluer tout au long de la saison, au fil des témoignages collectés lors des résidences-rencontres qui jalonnent la création et viennent nourrir la matière de son écriture. Ce récit intime et politique s’appuie sur la présentation de photographies et d’objets à partir desquels se compose le paysage fragmenté des lieux qu’elle a habités.
Automne 2027 : L’Effraction
Cette pièce réunit deux interprètes et se joue à domicile ou dans des lieux non dédiés. Elle y relate l’histoire d’une femme seule, recluse dans son appartement. La solitude d’un dimanche ou peut-être de tous ses jours. Jusqu’à l’arrivée d’un visiteur. Une effraction du quotidien, un dérèglement du temps, une histoire de revenant.
Automne 2028 : Récit de la maison
Pensée pour les grands plateaux et pour huit interprètes, cette pièce se tisse au gré de la voix de la maison, qui peu à peu se fait entendre. Elle convoque les vivant.e.s et les mort.e.s et fait se téléscoper les générations et les époques. Entre guerres, retrouvailles et déchirures, elle raconte celles et ceux qui sont « passés » entre ces murs, les anonymes et les effacés de la grande histoire, leurs petites et grandes misères ou joies. Figure primitive et protéiforme, la maison conserve en elle les fragments de toutes les mémoires, et avec eux, ceux de notre histoire.
Note d’intention
Partant d’une réflexion autour de la « maison » et du « chez-soi », ce fil rouge est avant tout une tentative de comprendre, dans le double sens de « compréhension » et de « prendre avec soi », ce qui, dans nos humanités communes, nous met de plus en plus en opposition et en rejet les uns des autres. Par les outils du théâtre, nous souhaitons en faire des récits, à la fois intimes et universels, et les mettre en lien. Nous interrogerons les dissonances et les correspondances qui émergent entre l’espace intérieur et les comportements sociaux et politiques qui se manifestent à l’extérieur. L’objectif est d’étudier nos différentes manières d’investir l’espace privé et de les faire résonner avec notre rapport au territoire habité, que ce soit dans le regard que l’on y porte ou dans les réactions qu’il suscite en nous. Pour tenter de comprendre les enjeux politiques à l’œuvre aujourd’hui, il nous semble essentiel de revenir à ce besoin d’avoir « un lieu à soi », qui soulève toujours en même temps la question de son ouverture et de son dévoilement sur l’extérieur. La notion d’« habiter » est ainsi comprise à la fois au sens de la sphère intime, des quatre murs qui nous isolent et nous protègent, et au sens de « cohabiter », comme l’espace qui entoure la maison, du quartier à la ville. C’est dans cette tension, parfois paradoxale, entre l’intérieur et l’extérieur que s’agrègent les réalités sociales, politiques et économiques qui façonnent notre relation au monde extérieur et à nous-mêmes. Ici, l’intime est politique bien plus sûrement que l’affichage idéologique.
Calendrier de la saison 2026-2027
La Poudrerie, Sevran
26 septembre
Scène Nationale de Bourg en Bresse
Résidences
du 7 au 12 septembre
du 19 au 25 octobre
du 9 au 14 novembre
du 4 au 7 décembre
du 14 au 17 décembre
Scène Nationale de Bourg en Bresse
Premier test de Récit de l’intérieur
17 décembre
Théâtre Public de Montreuil – CDN de Montreuil
Résidence
de janvier à mai
La Poudrerie, Sevran
Résidence
de janvier à mai
NEST – CDN de Thionville
Résidence
du 1er au 14 mars
Scène Nationale de Bourg en Bresse
Mues
12 juin
Ecriture et conception Carole Thibaut
Assistanat artistique Juliette Castro
Premiers partenaires des saisons 26-27 et/ou 27-28
Le TPM – CDN de Montreuil, La Poudrerie – Théâtre des habitants, Le NEST – CDN de Thionville, La Scène nationale de Bourg en Bresse, Le Théâtre Antoine Vitez d’Ivry sur Seine, Le Théâtre Jean Vilar de Vitry sur Seine